dimanche 29 mars 2009

Cambodge I

Arrivée à Phnom Penh, rapide, je n'en peux plus de la ville, vite vite la pampa verdoyante loin des moteurs pétarradants et des touristes débraillés et rouges et trimbalant leur graisse de resto en bar en... autre chose dont la Thaïlande propose encore les meilleurs services (la frontière c'est tout droit à gauche, visa gratos dans ce sens là, vous gênez pas, vous n'êtes qu'1 parmi des millions)...

Première impression d'Europe sur l'allée principale, et surtout de vue incroyablement dégagée: mais où sont les tours? les gratte-ciels? Ces immenses barres aveuglantes sous le soleil thaï qui selon leur forme et taille nous guident au sein de Bangkok? Mais où sont nos des phares de vitres étincelantes où le soleil chauffe à fond ce que les clims refroidissent de plus belle? Hé hé, bienvenue dans la capitale d'un pays qui malgré une frontière commune longue de 805 km avec la Thaïlande présente un PIB/hbt 14 fois inférieur...

Bref, après un court intermède avec un taxi très expressif sur ces sentiments envers les thaïlandais ("non mais pour qui ils se prennent à nous voler nos propres temples? Qu'ils restent chez eux un point c'est tout!" ah ah, représentante de l'ex puissance coloniale venant tout droit du pays des néocolonisateurs, on va pas se la ramener tout de suite hein...), c'est parti pour 2h de moto-taxi direction l'Ile de la Soie, qui nous attend langoureusement posée au milieu du Mékong...

2h de moto-taxi sous un soleil de plomb, c'est un peu long, surtout après d'âpres négociations avec différents chauffeurs, oui je sais que c'est loin, et encore plus lorsqu'à 15 min du centre-ville notre route d'asphalte se change en piste cratèrisée... Allez, manches longues et foulard autour de la tête, zizaguons entre les autres cyclomoteurs qui transportent jusqu'à (c'est mon record au Cambodge, pas vu mieux!) 6 personnes! (3 adultes, 1 gosse au mileu et 2 minots sous les bras... sans compter les sacs...). Pas sûre que la voiture la moins chère du monde made in India soit à portée de bourse ici anyway... Passé l'asphalte, on retrouve buffles et autres ânes pour labourer les champs! Ah oui, here we are!

Bon, finalement, parloter thaï, c'est bien pratique à l'Ouest mais ici dans la cambrousse pas plus que l'anglais ou le français ça ne sert....Ok gars, prends la route que tu veux, le ferry qui te chante, pourvu que cette île en face soit la bonne! Et revisitons le langage des signes option Pictionnary...
L'accueil est en mode "oui oui je connais là où tu veux aller, je t'emmène mais regarde mes jolis foulards de soie, faits main, saat na, saat na! "joli joli!", ok on passe la frontière mais le refrain est le même... Bref, pas moyen de poser un pied sur cette île sans repartir avec ce qu'il faut pour les mères, les tantes, la soeur, les amis... oui mais bon, vous savez, j'ai déjà le même que vous avez vendu le 1/5 ème de ce prix là au grossiste qui l'a revendu le 1/2 de ce prix-là au vendeur de Chatuchak qui me l'a revendu le double de ce prix-là un beau matin de dimanche il y a 3 mois... Bon allez, vas-y, me regarde pas comme ça, t'as gagné j'ai pas encore cte couleur-là...

Ah, un barang comme on les aime...

1 commentaire:

Mathilde a dit…

j'ai un retard mooooonstre!
mais quel plaisir de lire tes commentaires tous plus rigolos les uns que les autres!
en voilà une qui rigole seule devant son ordinateur...

merci encore et bises ma dédé!